do the write thing

 

read between the lines #2

 

galerie christian berst

 

 

 

Œuvres de l’exposition

galerie christian berst, Paris

3-5, passage des gravilliers 75003 paris (entrée par le 10, rue chapon)

do the write thing

read between the lines #2
du 26 avril au 2 juin 2018

Que se trame t-il donc « dans l’intervalle du lisible et du visible » – comme le désigne Michel Thévoz – ou dans ce que Dubuffet appelait les « langages implicites » ?

Que se passe t-il quand le sens se dérobe sous la profusion des signes ? Quand, écrivant du dessin ou dessinant de l’écrit, il n’est plus question que de dire, par tous les moyens à sa disposition. Au risque, sans doute, que ce métalangage ne traverse le ciel sans toucher aucune cible. Rendant plus manifeste encore que nul autre que son auteur n’était sans doute visé. À moins, à moins que l’un de nous ne passe par là, prêt à s’émouvoir de ce soliloque, prêt à comprendre, littéralement à prendre en soi ce déferlement sémantique qui s’apparente à la « pulsion babélienne » dont parle Eric Dussert dans notre catalogue d’exposition. Et celui-là deviendrait de facto le destinataire providentiel de ce sibyllin déferlement, non pas comme un cryptographe hors pair, mais comme quelqu’un qui retrouverait en lui toutes les potentialités de l’expression. Capable aussi bien de ressentir le pouvoir évocateur de l’idéogramme, image et texte indissociés, comme aux temps immémoriaux, ou de se délecter des divagations durant lesquelles la science et la poésie vont l’amble. Voire d’éprouver la petite musique des graphorrhées qui se déploient comme des mantras.

Le rythme et la composition, dans une tension constante, semblent vouloir y révéler un sens nouveau, primal, comme un cri. D’ailleurs, comme l’on parle d’éclats de voix, ne devrait-on pas parler d’éclats de signes ? Ainsi, toute glossographie nous apparaîtrait non plus comme une incapacité à maîtriser les codes du langage, mais plutôt comme la manifestation profonde d’une urgence, doublée de la nécessité d’échapper aux conventions réductrices. Cet écart majeur offrant, pour celui qui le commet, d’arpenter des voies inexplorées capables d’apporter des réponses inédites à des questions irrésolues. Quand il ne s’agit pas simplement de protéger des incursions profanes le mystère ou le sacré qui se dévoileraient là.

Ce qui sourd alors, dans ces palimpsestes, ces chiffrements magiques, ces imprécations véhémentes, ces mots sédimentés, ces itérations hypnotiques, ces vocables secrets, c’est la formidable plasticité d’une langue primordiale qui les contiendrait toutes.